SFR : 20,35 Md€ pour dépecer l’opérateur et solder la dette d’Altice

20,35 milliards d’euros. C’est le prix que trois opérateurs acceptent de payer pour dépecer SFR, et surtout le prix qu’Altice est contraint d’accepter pour solder 15,5 Md€ de dette résiduelle.

Le schéma est instructif. Drahi a bâti un empire télécom par effet de levier. Quand la dette atteint 24 Md€ et que la restructuration n’en efface « que » 8,6 Md€, la cession devient inévitable. Mais aucun acquéreur seul ne veut, ou ne peut, absorber l’ensemble. Résultat : un consortium où Bouygues prend le B2B et le réseau rural, Orange et Free se partagent le grand public. SFR comme entité disparaît. Ce n’est pas un M&A classique, c’est une liquidation ordonnée déguisée en acquisition stratégique.

La leçon vaut bien au-delà des télécoms. Dans un LBO mid-market, quand le levier dépasse la capacité de remboursement, c’est la dette qui dicte la forme de la sortie, pas le cédant. Le choix de l’acquéreur, le calendrier, le périmètre cédé : tout devient fonction du service de la dette. À 4x l’EBITDA, on choisit son repreneur. À 8x, c’est le créancier qui choisit pour vous.

Quel niveau de levier intégrez-vous comme seuil d’alerte dans vos due diligences ?

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