Comment valorise-t-on six ingénieurs ?
Comment valorise-t-on six ingénieurs ? Ni chiffre d’affaires, ni brevet au bilan, et pourtant un chèque de 15 à 30 M$. Bienvenue dans l’angle mort de l’évaluation.
Entre 2024 et 2026, les GAFAM ont payé plus de 20 Md$ en acqui-hires : on débauche l’équipe fondatrice d’une startup IA via une licence sur la techno, pas un rachat. En janvier, OpenAI s’offre l’équipe de Convogo sans acquérir ni la société ni son IP.
Le problème, c’est que toute la boîte à outils classique se vide. Pas d’EBITDA à multiplier. Un DCF qui n’actualise que des flux hypothétiques. Une approche patrimoniale qui ne capte rien, puisque l’actif n’est inscrit nulle part. On revient à une logique de coût de remplacement : combien coûterait, et combien de temps prendrait, la reconstitution de cette équipe en interne ? À ce prix, recruter un à un devient plus cher et plus lent que payer la prime.
Mais cette valeur est volatile par nature. Elle ne tient que tant que l’équipe reste. Le vrai exercice n’est pas d’estimer un prix : c’est de probabiliser la rétention, puis de décoter en conséquence.
Sur ce type d’actif, sur quelle base bâtissez-vous votre valorisation ?