« Si je dis qu’il vaut ce prix-là, c’est qu’il le vaut »
« La valeur d’un bien provient de ce qu’on est prêt à payer. Si je dis qu’il vaut ce prix-là, c’est qu’il le vaut. »
Ainsi parle Stanley Johnston dans la saison 2 de The Gentlemen. La formule est brutale, et pourtant elle n’est pas fausse. Un actif ne porte aucune valeur en lui-même ; il ne vaut rien tant que personne n’en veut, et beaucoup dès que deux volontés se rencontrent autour d’une table. Jusque-là, le cédant sourit.
Un prix, au fond, n’est qu’une information. Il résume en un seul chiffre tout ce que deux volontés croient savoir de l’affaire à l’instant où elles se serrent la main. Mais une volonté mal renseignée produit un chiffre trompeur : on paie l’histoire qu’on s’est racontée, pas l’entreprise que l’on achète. Les flux qui reviendront l’an prochain, les clients attachés à l’homme davantage qu’à l’enseigne, les dettes qui sommeillent, la marge qui s’effrite dès que le dirigeant s’en va, rien de tout cela ne se lit sur l’étiquette.
C’est là qu’intervient une due diligence sérieuse. Elle ne corrige pas le marché et ne fixe pas la juste valeur à la place des parties. Elle éclaire les volontés en présence, pour que le prix sur lequel elles s’accordent dise le vrai plutôt que l’enthousiasme.
Avant de dire qu’un bien vaut son prix, l’a-t-on vraiment regardé, ou seulement admiré ?