Le Crédit Agricole entre au capital de Miraval Provence
Le Crédit Agricole est entré lundi au capital de Miraval Provence. Le vignoble attire les capitaux, mais il les soumet à des règles que le M&A classique ignore.
Qui aborde son premier dossier viticole se trompe souvent deux fois. Sur le prix d’abord. Le barème des valeurs vénales publié au Journal officiel le 19 août situe l’hectare champenois entre 947 000 € dans l’Aube et 1 689 000 € en Côte des Blancs. Près du simple au double dans un même vignoble, et ce sont des valeurs constatées, non des prix payés.
Sur le risque juridique ensuite. L’achat de titres passe pour échapper au contrôle des ventes de terres ; le cabinet Vitaceae rappelait lundi sur Fusacq qu’il n’en est rien. Depuis juillet 2022, prendre le contrôle d’une société détenant des terres agricoles exige une autorisation préfectorale au-delà d’un seuil d’agrandissement. À défaut, l’opération encourt la nullité dans les douze mois suivant sa découverte par l’administration, et une amende jusqu’à 2 % du prix.
Une signature ne met pas l’acquéreur à l’abri. Sur une cible propriétaire de terres, l’arbitrage entre actifs et titres se décide dès la lettre d’intention.
Vos diligences regardent-elles encore le foncier comme une simple ligne d’immobilisations ?