Quand le dirigeant rachète l’entreprise qu’il dirige, le rapport s’inverse
Un dirigeant qui rachète l’entreprise qu’il dirige en sait plus long sur la marchandise que celui qui la lui vend. Le rapport ordinaire de la vente s’en trouve renversé.
Selon Fusacq, les quatre managers d’Ohmycad, intégrateur des solutions Dassault Systèmes, ont annoncé jeudi le rachat de la totalité du capital auprès d’Avenao, après une année couronnée de seize distinctions au 3DEXPERIENCE World 2026, dont celle de premier revendeur cloud au monde. On y verra d’abord une équipe qui prend son indépendance. On observera moins volontiers ce que devient ici la garantie d’actif et de passif. Elle protège d’ordinaire un acquéreur qui ignore ce qu’il achète ; celui-là a arrêté les comptes, suivi les contentieux et connu les clients fragiles. Il pourra difficilement réclamer demain au titre d’un passif qu’il administrait hier.
Le risque change ainsi de camp, et la partie à protéger devient le cédant. Depuis l’arrêt Vilgrain de 1996, le dirigeant doit loyauté à l’associé dont il rachète les titres, et taire ce qu’il sait peut s’analyser en dol. Un vendeur avisé fera consigner par écrit ce que le management déclare savoir.
Dans un rachat par les managers, lequel des deux camps a vraiment besoin de garanties ?
📰 https://www.fusacq.com/buzz/le-management-d-ohmycad-rachete-100-du-capital-aupres-d-avenao-a260645