Voir son banquier après avoir trouvé la cible, c’est y aller au pire moment
Un dirigeant va d’ordinaire voir son banquier une fois la cible trouvée. Il s’y présente alors au pire moment, pressé par un calendrier qu’il ne maîtrise plus.
Le groupe d’ingénierie JL&P a suivi l’ordre inverse. Selon le communiqué repris par Fusacq, il a refinancé sa dette en juillet et levé 22 M€ auprès de quatre banques, dont une ligne confirmée de 16 M€ réservée aux acquisitions. Le rachat du bureau d’études EGEH n’est venu qu’ensuite. Pour une société qui projette 12 M€ de chiffre d’affaires, la réserve disponible dépasse une année entière d’activité.
On ne retient d’ordinaire que l’acquisition. L’essentiel s’est joué deux mois plus tôt. Une ligne confirmée est un engagement ferme de prêter, que l’emprunteur tire à sa convenance contre une commission d’immobilisation. Elle coûte pendant qu’elle dort, et se paie le jour où l’acquéreur signe sans suspendre son offre à l’accord d’un comité de crédit.
La mécanique vaut à l’échelle d’une PME, en plus modeste. Négocier son enveloppe avant d’avoir un dossier sous le bras, c’est traiter à froid, sans l’urgence qui affaiblit toujours celui qui demande.
Combien de repreneurs connaissez-vous qui ont obtenu leur financement avant de chercher leur cible ?
📰 https://www.fusacq.com/buzz/le-groupe-jl-p-annonce-l-acquisition-de-la-societe-egeh-a260644