Un fonds cède sa filiale et reste à son capital : ce que dit ce choix

Un fonds qui cède sa filiale et demeure pourtant à son capital en dit long sur l’état réel du redressement qu’il annonce.

Mutares a reçu une offre irrévocable portant sur une participation majoritaire dans Lapeyre, rapporte Fusacq. L’acquéreur est un véhicule soutenu par des entrepreneurs italiens, parmi lesquels des membres de la famille propriétaire de Bricofer et de Conforama Italia. Lapeyre, repris à Saint-Gobain en 2021, emploie deux mille personnes et approvisionne cent quinze magasins, pour 475 M€ de chiffre d’affaires. On y verra d’abord la sortie ordinaire d’un investisseur de retournement, cinq ans après son entrée. Deux détails racontent une autre histoire. Le prix n’est pas communiqué, et le vendeur conserve une part du capital afin de « continuer d’accompagner le redressement ». Or un redressement achevé se solde et s’encaisse. Celui qui garde des titres garde avec eux sa quote-part des pertes qu’il reste à financer, et l’acheteur obtient ainsi que le vendeur demeure tenu par ce qu’il affirme.

Dans un dossier de retournement, le prix affiché instruit toujours moins que la clé de répartition du chemin restant.

Qu’apprend-on vraiment d’un vendeur qui refuse de partir tout à fait ?

📰 https://www.fusacq.com/buzz/le-groupe-lapeyre-passe-majoritairement-sous-pavillon-italien-a261010