La trésorerie accumulée, une force qui devient un embarras à l’achat
La trésorerie qu’une entreprise a longuement accumulée passe pour une force. Au moment de l’acheter, elle se change souvent en embarras.
Prenons une cible rentable dont le compte en banque affiche 400 000 € au-delà de ses besoins courants. Le premier regard y voit un matelas offert. L’acquéreur averti y voit trois difficultés. Ce cash gonfle d’abord la valeur, et vous le payez presque à l’euro près. Il complique ensuite le financement, car, comme le rappelle la CCI Paris Île-de-France, les banques rechignent à prêter pour du numéraire et préfèrent adosser leur crédit à des actifs productifs. Il pèse enfin sur le cédant, dont la sortie de cette trésorerie par dividendes supporte le prélèvement forfaitaire de 30 %, ce qui durcit la négociation au lieu de l’apaiser.
La trésorerie utile au fonctionnement rassure et se paie sans débat. L’excédent, lui, se traite à part, sur une base sans cash ni dette, arrêtée avant même de s’entendre sur le prix. Le vrai sujet tient moins à ce que l’entreprise possède qu’à ce dont elle a besoin pour tourner.
Combien de trésorerie votre cible garderait-elle si l’on en retirait tout ce qui ne sert pas à la faire fonctionner ?