Pacte Papin : le levier qui décide d’une reprise est dans une ligne discrète

On retiendra du « pacte Papin » ses cadeaux fiscaux aux salariés repreneurs. Le levier qui décide vraiment d’une reprise se cache pourtant dans une ligne plus discrète.

Le ministre des PME a détaillé cette semaine, selon l’AFP, plusieurs mesures pour faire reprendre les TPE et PME par leurs salariés : droits d’enregistrement ramenés de 3 % à 0,1 %, suramortissement de 30 % sur le matériel de production, et un étalement de l’impôt sur la plus-value accordé au cédant, à condition qu’il consente un crédit vendeur. L’effet visible séduit le repreneur, qui acquitte moins de frais. L’effet moins visible concerne le vendeur. Prêter une part du prix à son acquéreur ne lui rapportait rien et l’exposait au risque de n’être jamais payé ; en échange d’un répit fiscal, l’État lui donne enfin une raison d’y consentir. Or ce crédit vendeur, pour un repreneur à court d’apport, sépare souvent l’affaire qui se conclut de celle qui échoue.

Avant de courir après son banquier, un repreneur gagne à se tourner vers le cédant. Celui qui accepte de différer une part du prix finance l’opération et atteste sa confiance dans ce qu’il cède.

Et si le premier banquier d’une reprise était celui qui la vend ?

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