Blindés bretons : onze ans sous contrôle d’un constructeur chinois
Un fabricant breton de véhicules blindés a passé onze ans sous le contrôle d’un constructeur automobile chinois et d’un exploitant de centres commerciaux. L’attelage mérite qu’on s’y arrête.
Centigon, installée à Lamballe dans les Côtes-d’Armor et forte de 36,5 M€ de revenus, vient de s’adosser au canadien Roshel, selon CFNEWS. Ses actionnaires depuis 2015, Dongfeng et Redstar Macalline, passent la main. Ce que l’on voit, c’est un changement de pavillon et le retour de l’entreprise entre les mains d’un industriel du même métier. Ce que l’on voit moins, c’est la leçon des onze années écoulées. Le contrôle des investissements étrangers s’exerce une fois, au closing. Il examine l’acquéreur, recueille ses engagements, puis s’arrête là. Rien ne garantit ensuite qu’un exploitant de galeries marchandes sache quoi faire d’une chaîne de blindage.
Pour l’acquéreur d’aujourd’hui, la due diligence doit donc chiffrer ce qu’un actionnariat mal assorti a coûté en appels d’offres écartés, en agréments non renouvelés, en ingénieurs partis ailleurs. C’est sur ce passif silencieux que se discute le prix.
Une autorisation administrative a-t-elle jamais valu engagement industriel ?